1. La Fed et la BCE vigilantes mais flexibles : une attitude favorisée par le sell-off obligataire
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3. Évolution des marchés
4. Tendances à suivre
La Fed et la BCE vigilantes mais flexibles : une attitude favorisée par le sell-off obligataire
Les minutes du FOMC des 15 et 16 septembre ont révélé une Fed plus divisée sur le rythme futur de resserrement que ne l'indiquait l'unanimité du vote de septembre.
Si la majorité des membres considère qu'une nouvelle hausse est probablement appropriée d'ici la fin de l’année, ils refusent de s'engager sur sa date précise (a fortiori sur son ampleur), préférant aborder chaque décision « l'esprit ouvert » en fonction des données entrantes.
L’inflation demeure au cœur des préoccupations, le FOMC plaçant clairement l’accent sur la hausse des prix plutôt que sur l’emploi. Les conditions sur le marché du travail sont, en effet, jugées « stables » avec des risques désormais équilibrés. Les risques inflationnistes, en revanche, restent orientés à la hausse. Certains participants jugent même que ces risques « se sont encore intensifiés ces derniers mois ». Plusieurs facteurs sont cités : le risque de voir les augmentations de coûts dans certains secteurs se diffuser plus largement sur les prix, la possibilité que le déploiement de l'IA fasse augmenter la demande agrégée au-delà de l'offre à moyen terme et les perspectives de nouvelles augmentations de tarifs douaniers. Cette vigilance accrue reflète également les données récentes : selon l’enquête de la Fed de New York, l'inflation attendue à un an s'établit à 3,9%, son plus haut niveau depuis mai 2023, signalant un relèvement des anticipations inflationnistes des ménages. Toutefois, le rapport décevant sur l'emploi de septembre (29 000 créations nettes contre 90 000 attendues) a réduit la probabilité d'une hausse en octobre. Nous maintenons notre scénario de resserrement total de 50 points de base supplémentaires selon un rythme d'une réunion sur deux : pause en octobre, hausse en décembre, puis en mars 2027. Les données des indices des prix à la consommation (CPI) et à la production (PPI), attendues les 14-15 octobre, seront décisives pour confirmer cette trajectoire.
De notre côté de l'Atlantique, la BCE reste également très préoccupée par l'inflation, adoptant une approche similaire : dépendante des données, réunion après réunion, sans engagement préalable. Le Conseil des gouverneurs a approuvé à l'unanimité la hausse de septembre à 2,50% et tous les membres considèrent que les risques inflationnistes sont orientés à la hausse. L'inflation de septembre à 3,8% (plus élevée que prévu) et les risques énergétiques rendent difficile la déclaration de fin du cycle haussier. Néanmoins, contrairement aux anticipations agressives du marché (deux à trois hausses supplémentaires), la BCE considère que le resserrement des conditions monétaires et financières produit déjà des effets négatifs sur la demande ainsi que le signalent les développements récents (hausse des taux de marché, appréciation de l’euro, baisse des prêts immobiliers, pressions sur les ménages à faibles revenus). Notre scénario table sur une hausse supplémentaire en décembre (taux de dépôt à 2,75%), avant une pause prolongée et une détente à partir du troisième trimestre 2027.
Le PIB américain du deuxième trimestre 2026 a été révisé à la hausse à 2,2% en variation trimestrielle annualisée (contre 2,1% précédemment), en raison de révisions à la hausse des composantes de la demande interne (investissement, consommation et dépenses publiques). La croissance reste tirée par la consommation des ménages et l'investissement non-résidentiel, tandis que le commerce extérieur contribue négativement pour le troisième trimestre consécutif. En conséquence, nous révisons notre prévision de croissance moyenne annuelle à 2,3% (contre 2,1% précédemment) et celle de 2027 à 2,1% (contre 2,0%). L'ISM des services de septembre (54,9) reste solidement en zone d'expansion, avec un passage de l'emploi dans la zone de croissance pour la première fois depuis juin. Le déficit commercial a augmenté à 105,6 milliards de dollars en août (+13,7% par rapport à juillet), reflétant une demande domestique toujours solide. Toutefois, sur les douze derniers mois, le déficit cumulé se replie à 793,8 milliards de dollars (-23% par rapport aux douze mois à fin août 2025).
Aux États-Unis, les rendements des Treasuries de maturités longues se sont stabilisés à des niveaux inédits depuis environ 24 ans (taux à 10 ans à 5,25% ce vendredi). Une forte adjudication de bons du Trésor à 10 ans a rassuré sur la capacité d'absorption de la dette. Le rendement à deux ans s'établit à 4,78%, reflétant les anticipations de maintien des taux à des niveaux élevés. Malgré la hausse des taux longs, les conditions financières continuent de soutenir la croissance, les prix des actions ayant augmenté considérablement cette année. Le S&P 500 (+0,6% sur la semaine) atteint de nouveaux records, porté par le FOMO (fear of missing out) avant la saison des résultats du troisième trimestre.
Les tensions budgétaires en zone euro restent une source de préoccupation majeure, tout particulièrement en France où les déficits structurels et les enjeux de réforme fiscale alimentent l'incertitude. Le rendement des OAT à 10 ans, qui avait frôlé les 5% début octobre, s’est certes replié à 4,83% et le spread OAT-Bund s’est détendu de 160 à 135 points de base. Cette stabilisation reflète un rebond technique et non un retour (providentiel) de la confiance sur les finances publiques françaises.
L’euro perd 0,3% face au dollar sur la semaine, grevé par les incertitudes politiques en France (présidentielle 2027) et en Espagne (élections générales anticipées le 29 novembre), mais il bénéficie néanmoins de plusieurs facteurs de soutien : l'économie de la zone euro affiche une certaine résilience soutenue par une reprise des exportations et une demande intérieure finalement assez soutenue, tandis que la BCE reste concentrée sur l'inflation, ce qui tend à limiter la dépréciation de l'euro. Les risques de dépréciation pourraient néanmoins augmenter si la défiance s’amplifiait et si la vente d'obligations d'État s’intensifiait, resserrant les conditions financières et limitant la capacité de la BCE à relever les taux. Du côté des actions, le CAC 40 et l'Euro Stoxx 50 baissent respectivement de 1,3% et 0,8%, reflétant les tensions géopolitiques et budgétaires qui pèsent sur la région, et tout particulièrement sur la France.
Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
Royaume-Uni – Scénario 2026-2027 : l'économie résiste mais l’étau se resserre
La croissance du PIB britannique a continué de surprendre positivement, ce qui nous a conduits à réviser à la hausse notre prévision de croissance moyenne annuelle en 2026, passant de 1,1% à 1,4%. En revanche, nous anticipons toujours un ralentissement au quatrième trimestre et une croissance sous le potentiel en 2027, avec une moyenne annuelle de 1,1%. Trois facteurs expliquent cette trajectoire : le resserrement des conditions financières, la révision à la hausse des prix de l’énergie, qui resteront élevés tout au long de notre période de prévision, et un resserrement anticipé des politiques monétaire et budgétaire.
Allemagne – La reprise à l’épreuve du troisième trimestre
La production industrielle rebondit de +0,6% en août (hors énergie et construction), après un fort recul en juillet (-2,1%), imputable à l'automobile. Les nouvelles commandes industrielles se replient nettement en août (-10,6%), après un pic exceptionnel de grands contrats en juillet. Hors commandes importantes, elles sont quasi stables. La production automobile reste atone et l'emploi du secteur atteint un nouveau point bas sous l'effet conjugué de la transition électrique, de la concurrence chinoise et des incertitudes douanières. Les ventes au détail rebondissent en août (+1,3% en réel), mais ne compensent qu'en partie la chute de juillet. Les indicateurs avancés pointent vers une amélioration de l'activité à court terme du côté des entreprises, mais les ménages restent prudents.
États-Unis – Les investisseurs étrangers se détournent-ils des titres américains ?
La dette souveraine américaine traverse une réelle crise : les taux à long terme ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis près de deux décennies.
Italie – La sortie de la procédure pour déficit excessif reportée à 2027
Le couperet est tombé. L’ISTAT a confirmé mardi un déficit public de 3,1% du PIB en 2025, contrairement aux attentes du gouvernement, qui espérait encore passer sous le seuil de 3% et sortir de la procédure pour déficit excessif dès 2026.
France – Enquêtes de conjoncture : des résultats mitigés en septembre
D’après les résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, l’activité a progressé en août dans l’industrie, les services et le bâtiment, malgré les effets défavorables des épisodes climatiques. Pour septembre, les chefs d’entreprise anticipent un renforcement de l’activité dans l’industrie et les services, tandis que l’activité resterait stable dans le bâtiment. Les difficultés d’approvisionnement sont restées contenues en août, et la hausse des prix de vente se modère. L’institution prévoit une croissance du PIB de 0,1% pour le troisième trimestre. Les résultats des enquêtes de conjoncture de l’Insee demeurent mitigés : le climat des affaires a légèrement reculé, à 96, et la confiance des ménages est restée stable à 86, tous deux sous leur moyenne de longue période.